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Napoléon Bonaparte (1769-1821)

Officier corse propulsé par la Révolution, Napoléon Bonaparte prend le pouvoir en 1799, se fait sacrer empereur en 1804 et domine une grande partie de l’Europe continentale avant de s’effondrer à Waterloo en 1815. Son règne consolide des acquis de la Révolution, l’égalité civile et un État centralisé, tout en concentrant le pouvoir entre ses mains et en restreignant les libertés ; mort en exil à Sainte-Hélène, il laisse aussi une légende qu’il a lui-même écrite.

Portrait, environ 15 minutes de lecture. Mis à jour le 23 octobre 2026.

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*Le Sacre de Napoléon*, peint par Jacques-Louis David entre 1805 et 1807. Le peintre a retenu non pas l’instant où Napoléon se couronne lui-même, mais celui où il s’apprête à couronner Joséphine, sous le regard du pape Pie VII, assis à droite. Ce n’est pas un instantané : David a recomposé la scène, et peint dans une tribune la mère de l’empereur, qui n’assistait pas à la cérémonie.
Le Sacre de Napoléon, peint par Jacques-Louis David entre 1805 et 1807. Le peintre a retenu non pas l’instant où Napoléon se couronne lui-même, mais celui où il s’apprête à couronner Joséphine, sous le regard du pape Pie VII, assis à droite. Ce n’est pas un instantané : David a recomposé la scène, et peint dans une tribune la mère de l’empereur, qui n’assistait pas à la cérémonie. Jacques-Louis David, musée du Louvre. Domaine public, via Wikimedia Commons.
Sommaire
  1. Le sacre
  2. Le Corse
  3. La Révolution comme tremplin
  4. Brumaire et le Consulat
  5. L’Empereur et l’Europe
  6. La chute
  7. L’homme
  8. La légende
  9. Ce que débattent les historiens
  10. Repères

Le sacre

Le 2 décembre 1804, à Notre-Dame de Paris, le pape Pie VII est venu de Rome. Mais au moment décisif, c’est l’homme qu’il est venu sacrer qui prend la couronne sur l’autel et la pose lui-même sur sa tête, avant de couronner son épouse, Joséphine. Le geste était prévu et négocié. Il dit tout : l’Église bénit, elle ne fait pas l’empereur.

L’homme a trente-cinq ans. Quinze ans plus tôt, il était un lieutenant d’artillerie sans fortune, né dans une île tout juste passée sous domination française. Ce que raconte ce portrait, c’est la manière dont une révolution a pu porter si haut un tel homme, ce qu’il en a fait, et ce qui en reste.

Le Corse

Napoléon Buonaparte naît à Ajaccio le 15 août 1769. Depuis le milieu du siècle, la Corse s’est soulevée contre la république de Gênes et vit de fait en État indépendant, sous la conduite de Pascal Paoli. En 1768, Gênes cède ses droits sur l’île à la France, qui doit encore la conquérir : en mai 1769, trois mois avant la naissance de Napoléon, la défaite des patriotes corses à Ponte-Novo ouvre l’île au roi de France. Son père, Charles, petit noble avocat, a combattu aux côtés de Paoli avant de se rallier aux nouveaux maîtres. Sa mère, Letizia, élèvera huit enfants survivants avec une autorité dont l’empereur parlera toujours avec respect.

Grâce à la noblesse de son père, le garçon obtient une bourse du roi. À neuf ans, il entre à l’école militaire de Brienne, en Champagne, où il apprend le français, se sent étranger, lit beaucoup. Il passe ensuite par l’École militaire de Paris et devient en 1785, à seize ans, sous-lieutenant d’artillerie. L’arme est savante, faite de mathématiques et de logistique ; elle est aussi l’une des rares où un noble pauvre peut avancer par le mérite.

Quand la Révolution éclate, en 1789, le jeune officier est d’abord un patriote corse, admirateur de Paoli, revenu d’exil. Mais en 1793, Paoli rompt avec la Convention, l’assemblée qui gouverne alors la France, et la famille Bonaparte, rangée du côté de Paris, doit fuir la Corse pour la Provence. Napoléon a choisi la France ; il francisera bientôt son nom.

La Révolution comme tremplin

La Révolution a fait fuir ou guillotiner une grande partie des officiers nobles. La guerre contre l’Europe des rois, commencée en 1792, a besoin de cadres. Pour un jeune homme doué et ambitieux, la voie est ouverte.

En décembre 1793, à Toulon, livré aux Anglais par les royalistes, le capitaine Bonaparte propose et conduit le plan d’artillerie qui fait tomber la ville. Il est nommé général de brigade à vingt-quatre ans. Après la chute de Robespierre, dont il connaissait le frère, il est brièvement arrêté, puis mis à l’écart. En octobre 1795, le gouvernement l’appelle à Paris pour écraser une insurrection royaliste : il fait tirer au canon sur les insurgés devant l’église Saint-Roch. Il y gagne la protection de Barras, l’un des cinq directeurs qui gouvernent le nouveau régime, le Directoire.

En mars 1796, il épouse Joséphine de Beauharnais, née à la Martinique dans une famille de planteurs, veuve d’un général guillotiné. Il reçoit le commandement de l’armée d’Italie, une armée mal payée et mal nourrie. En un an, à Lodi, Arcole, Rivoli, il bat les Piémontais puis les Autrichiens, crée en Italie des « républiques sœurs » sur le modèle français, et négocie la paix lui-même à Campo-Formio. Il fait aussi autre chose : il raconte. Ses bulletins, les journaux de son armée, les tableaux qu’il commande font de lui l’un des premiers chefs militaires à orchestrer aussi systématiquement sa propre renommée.

En 1798, pour frapper l’Angleterre sur la route des Indes, il part conquérir l’Égypte, avec une armée et une commission de savants. Il gagne la bataille des Pyramides, mais la flotte française est détruite à Aboukir par Nelson. Enfermé dans sa conquête, échouant devant Saint-Jean-d’Acre, marqué par le massacre de prisonniers à Jaffa, il abandonne son armée en août 1799 et rentre en France. La défaite est réelle ; à Paris, on ne retient que le héros d’Orient.

Brumaire et le Consulat

La France de 1799 est lasse : dix ans de révolution, de guerres et de coups de force ont usé le Directoire. Quelques dirigeants, autour de Sieyès, cherchent un général pour réviser la Constitution. Les 18 et 19 brumaire an VIII (9 et 10 novembre 1799), le coup d’État a lieu ; il manque d’échouer quand les députés accueillent Bonaparte en criant à la mise hors la loi, et ce sont les grenadiers qui vident la salle. Sieyès croyait se servir de Bonaparte. C’est Bonaparte qui devient Premier consul, le premier des trois consuls qui forment le nouveau gouvernement, avec l’essentiel du pouvoir. Le régime prend le nom de Consulat.

Gouverner la France

Les années du Consulat sont celles de la grande œuvre civile. En quelques années naissent des institutions dont beaucoup existent encore :

  • les préfets (1800), représentants de l’État dans chaque département, qui font de la France le pays centralisé qu’elle restera ;
  • la Banque de France (1800) et, peu après, une monnaie stable, le franc germinal ;
  • le Concordat, accord signé avec le pape en 1801 et complété en 1802 par des « articles organiques » rédigés par le seul gouvernement : il met fin à la déchirure religieuse ouverte par la Révolution, reconnaît le catholicisme comme religion de la majorité des Français, et l’État rémunère les évêques et les curés qu’il contribue à nommer ;
  • les lycées (1802), pour former les cadres du pays ;
  • la Légion d’honneur (1802), pour récompenser le mérite civil et militaire ;
  • le Code civil (1804), qui rassemble en un seul texte le droit des personnes, de la famille et de la propriété.

Le Code civil est son orgueil. Il consacre des acquis de la Révolution : l’égalité devant la loi, la fin des privilèges, la propriété, la laïcité de l’état civil. Mais il place la femme mariée sous l’autorité de son mari, durcit le sort des enfants nés hors mariage et, en cas de litige sur le salaire, fait croire le maître sur parole contre l’ouvrier. Le régime impose d’ailleurs aux ouvriers un livret, contrôlé par la police, et maintient l’interdiction des grèves et des associations ouvrières héritée de la Révolution.

Le prix de l’ordre

Le prix de cette remise en ordre est la liberté. Le pouvoir législatif est éclaté entre des assemblées sans initiative ; les décisions se préparent au Conseil d’État, autour du Premier consul. Les journaux parisiens passent de plusieurs dizaines à une poignée, sévèrement contrôlés. La police de Fouché surveille, fiche, emprisonne sans jugement. Les plébiscites, ces votes par oui ou non soumis à l’ensemble des citoyens, approuvent ce que le pouvoir a déjà décidé. En 1804, pour décourager les complots royalistes, Bonaparte fait enlever en territoire allemand et fusiller un prince de la famille royale, le duc d’Enghien.

L’esclavage rétabli

La Révolution avait aboli l’esclavage dans les colonies françaises en 1794. Le Consulat revient en arrière, par trois voies distinctes. D’abord le maintien : la loi du 20 mai 1802 conserve l’esclavage là où l’abolition n’avait jamais été appliquée, à la Martinique, occupée par les Anglais pendant la Révolution et rendue à la France par la paix d’Amiens, et dans les îles de l’océan Indien, dont les colons avaient refusé le décret de 1794. Ensuite le rétablissement : par des arrêtés de l’été et de la fin de 1802, l’esclavage est rétabli en Guadeloupe, après l’écrasement de la résistance armée de Louis Delgrès, puis en Guyane. Enfin la reconquête : à Saint-Domingue, l’expédition envoyée contre Toussaint Louverture, qui mourra prisonnier dans le Jura en 1803, échoue face à la résistance et à la fièvre jaune ; l’île devient indépendante sous le nom d’Haïti le 1er janvier 1804. Privé de ce cœur de son empire colonial, Bonaparte vend en 1803 la Louisiane aux États-Unis.

L’Empereur et l’Europe

En mai 1804, Bonaparte devient « Napoléon Ier, empereur des Français ». Une cour renaît, avec une noblesse d’Empire faite de maréchaux et de serviteurs de l’État. La République n’est plus qu’un mot sur les monnaies.

La guerre, elle, ne cesse pas. La paix signée avec l’Angleterre à Amiens en 1802 n’a pas tenu un an, et Londres finance les coalitions successives. Napoléon prépare d’abord une invasion de l’Angleterre depuis le camp de Boulogne. Mais à la fin de l’été 1805, face à une nouvelle coalition de l’Autriche et de la Russie, il lance son armée vers l’est. La destruction de la flotte franco-espagnole à Trafalgar, en octobre, ruine ensuite pour longtemps ses ambitions maritimes.

Sur terre, il est presque invincible. Le 2 décembre 1805, un an jour pour jour après le sacre, il écrase les Autrichiens et les Russes à Austerlitz. En 1806, il anéantit l’armée prussienne à Iéna et Auerstaedt. En 1807, après la sanglante bataille d’Eylau et la victoire de Friedland, il signe avec le tsar Alexandre Ier la paix de Tilsit.

Son art de la guerre repose sur la vitesse, la concentration des forces au point décisif et des corps d’armée, véritables petites armées complètes capables de manœuvrer seules. Ses soldats viennent de la conscription, le service militaire obligatoire organisé sous le Directoire en 1798, qu’il exploite à une échelle inédite.

Le système continental

Pour ruiner l’Angleterre, Napoléon lui ferme les ports du continent : c’est le Blocus continental, décrété en 1806, qui interdit tout commerce avec les îles Britanniques. Pour le faire respecter, il faut tout contrôler, et le système ne cesse de s’étendre. Des départements français vont bientôt de Hambourg à Rome ; des royaumes sont confiés à ses frères (Joseph à Naples puis en Espagne, Louis en Hollande, Jérôme en Westphalie) ; l’Allemagne est réorganisée. L’Empire atteint sa plus grande extension en 1811-1812, avec cent trente départements.

Pour les populations, la domination est double. Le Code civil, l’abolition des privilèges et de la féodalité, l’administration moderne s’exportent avec les armées et laissent une empreinte durable, notamment en Allemagne rhénane, en Italie du Nord et en Belgique. Mais il faut fournir des soldats, payer des contributions, subir les réquisitions et le marasme commercial dû au Blocus. Les résistances se multiplient, du Tyrol à la Calabre.

La plus grave vient d’Espagne. En 1808, Napoléon impose son frère Joseph comme roi. Le pays se soulève, et une guerre faite de batailles et de guérilla, soutenue par les Anglais de Wellington, fixe des centaines de milliers de soldats français pendant six ans.

À la fin de 1809, pour assurer sa succession dynastique, il se sépare de Joséphine, qui ne lui a pas donné d’enfant. L’année suivante, il épouse Marie-Louise, fille de l’empereur d’Autriche ; un fils naît en 1811, titré roi de Rome. Le fils de la Révolution entre dans la plus ancienne famille régnante d’Europe, les Habsbourg.

La chute

L’alliance de Tilsit se dégrade : le tsar s’inquiète de la renaissance d’une Pologne sous influence française, et il sort du Blocus continental, qui ruine les exportations russes. En juin 1812, Napoléon envahit la Russie avec une armée de plus de 400 000 hommes au premier passage, venue de toute l’Europe soumise, et renforcée ensuite. Les désertions, la faim et les maladies la réduisent dès la marche aller. Les Russes reculent, brûlent, livrent la terrible bataille de la Moskova, puis abandonnent Moscou, qui brûle. Le tsar refuse de négocier. La retraite, commencée en octobre, tourne au désastre : le froid, la faim, les cosaques, le passage de la Bérézina. Quelques dizaines de milliers d’hommes seulement repassent la frontière.

L’Europe se ligue alors contre lui. À Leipzig, en octobre 1813, la « bataille des Nations » le chasse d’Allemagne. En 1814, malgré une brillante campagne de France, les alliés entrent dans Paris. À Fontainebleau, Napoléon abdique d’abord en faveur de son fils, le 4 avril, puis sans condition le 6. On lui laisse la petite île d’Elbe et le titre d’empereur ; Louis XVIII, frère de Louis XVI, monte sur le trône.

Le 1er mars 1815, Napoléon débarque à Golfe-Juan. Les troupes envoyées pour l’arrêter se rallient à lui ; le 20 mars, il est aux Tuileries, que le roi a fuies. Ce sont les Cent-Jours. L’Europe reprend les armes. Le 18 juin 1815, à Waterloo, en Belgique, l’armée anglo-néerlandaise de Wellington résiste tout le jour, et l’arrivée des Prussiens de Blücher décide de la défaite. Le 22 juin, Napoléon abdique une seconde fois, puis se rend aux Anglais.

Ils l’envoient à Sainte-Hélène, île minuscule au milieu de l’Atlantique sud. Il y vit six ans, entouré d’une poignée de fidèles, sous la surveillance d’un gouverneur qu’il déteste. Il y meurt le 5 mai 1821, à cinquante et un ans, très probablement d’un cancer de l’estomac.

L’homme

Ses collaborateurs décrivent un rythme de travail intense, une mémoire remarquable des chiffres et des hommes, la capacité de dormir quelques heures n’importe où ; une partie de ces témoignages a été embellie par la légende. Sa correspondance, éditée récemment par la Fondation Napoléon, compte plusieurs dizaines de milliers de lettres, souvent dictées, où il administre les détails de l’Empire depuis ses bivouacs.

Il est aussi un homme de pouvoir sans illusions sur les hommes, qu’il tient par l’intérêt, l’honneur et la peur. Il sait séduire, humilier, récompenser ; il pense en termes de rapports de force. Il est enfin un metteur en scène de lui-même : de David à Gros, les peintres qu’il commande fixent son image, et ses bulletins de la Grande Armée façonnent la réalité autant qu’ils la décrivent.

La légende

À Sainte-Hélène, Napoléon prépare son dernier combat : celui de la mémoire. Il dicte ses souvenirs à ses compagnons d’exil. L’un d’eux, le comte de Las Cases, publie en 1823 Le Mémorial de Sainte-Hélène, qui devient l’un des grands succès de librairie du siècle. Napoléon s’y présente en héritier de la Révolution, en défenseur des peuples et de l’égalité, en souverain pacifique contraint à la guerre par les rois.

La légende prend. Chansons, images populaires, romans, de Stendhal à Balzac et Hugo : le XIXe siècle français vit dans son ombre. En 1840, la monarchie de Juillet obtient des Anglais le retour de ses cendres, inhumées aux Invalides devant une foule immense. Huit ans plus tard, son neveu Louis-Napoléon Bonaparte est élu président de la République sur la force de ce nom ; il deviendra Napoléon III.

Ce que débattent les historiens

Héritier ou fossoyeur de la Révolution ? Napoléon consolide une partie de l’héritage de 1789 : l’égalité civile, la fin de la société d’ordres, la propriété paysanne issue de la vente des biens nationaux. Il supprime aussi ce qu’elle avait inventé de plus neuf, la liberté politique et la souveraineté exercée par des représentants élus librement. La question n’oppose plus guère deux camps ; elle porte sur le poids relatif de ces deux faces, et sur la part de continuité avec l’État monarchique.

Une Europe libérée ou soumise ? L’expansion napoléonienne a diffusé le Code civil, l’abolition des privilèges et des administrations modernes, que plusieurs pays ont conservés après 1815. Elle a aussi reposé sur la conquête, le prélèvement d’hommes et d’argent, et elle a suscité, de l’Espagne à l’Allemagne, des réactions nationales dirigées contre la France. Les historiens européens pèsent différemment ces deux héritages selon les pays et les régions.

L’esclavage de 1802 Longtemps traité comme un épisode secondaire, le rétablissement de l’esclavage est aujourd’hui au centre de l’appréciation du personnage. La décision gouvernementale et la signature du Premier consul sont documentées ; la discussion porte sur ses motivations, entre pression du lobby colonial, calcul économique et conceptions de Bonaparte lui-même, et sur la manière dont elle fut mise en œuvre.

Le coût humain On estime souvent les pertes militaires françaises des guerres de l’Empire à environ 900 000 morts, chiffre issu de travaux de démographie historique qui couvrent les années 1800-1815. Pour l’Europe entière, civils compris, les estimations se comptent en millions, mais varient fortement selon les périodes et les méthodes retenues. La responsabilité de Napoléon dans la guerre permanente, face à des coalitions qui combattaient la France révolutionnaire depuis 1792, est elle-même discutée : certaines guerres lui ont été imposées, d’autres naissent de son système de domination.

Un génie militaire ? Son talent tactique et stratégique n’est guère contesté pour les années 1796-1809. Certains historiens soulignent pourtant ses erreurs, sa dépendance à la victoire décisive, son incapacité à transformer les victoires en paix durable, et le rôle de ses adversaires qui ont appris à le battre.

La mémoire en débat En 2021, le bicentenaire de sa mort a divisé la France. Le président de la République a choisi de commémorer sans célébrer, en assumant à la fois l’héritage institutionnel et la part d’ombre, dont l’esclavage. Ce débat relève moins de l’historiographie que de la mémoire publique, mais il montre que Napoléon reste un enjeu du présent.

Repères

  1. 15 août 1769Naissance à Ajaccio
  2. 1785Sous-lieutenant d’artillerie, à seize ans
  3. Décembre 1793Prise de Toulon ; général de brigade
  4. 1796-1797Campagne d’Italie
  5. 1798-1799Expédition d’Égypte
  6. 9-10 novembre 1799Coup d’État de Brumaire ; Bonaparte Premier consul
  7. 1801Concordat avec la papauté
  8. 1802Maintien puis rétablissement de l’esclavage dans des colonies ; Légion d’honneur
  9. 1803Vente de la Louisiane aux États-Unis
  10. 21 mars 1804Promulgation du Code civil
  11. 2 décembre 1804Sacre à Notre-Dame
  12. 2 décembre 1805Victoire d’Austerlitz
  13. 1808Début de la guerre d’Espagne
  14. 1812Campagne de Russie
  15. 4-6 avril 1814Abdication à Fontainebleau ; exil à l’île d’Elbe
  16. 18 juin 1815Défaite de Waterloo
  17. 22 juin 1815Seconde abdication
  18. 5 mai 1821Mort à Sainte-Hélène
  19. 15 décembre 1840Retour des cendres aux Invalides

Pour aller plus loin

  • Thierry Lentz, Nouvelle histoire du Premier Empire, Fayard, 4 volumes, 2002-2010. La grande synthèse française sur le régime et ses guerres.
  • Patrice Gueniffey, Bonaparte, Gallimard, 2013. Une biographie ample et brillante des années 1769-1802.
  • Jean Tulard, Napoléon ou le mythe du sauveur, Fayard, 1977. Le classique qui explique la prise de pouvoir par l’attente d’un sauveur.
  • Pierre Branda et Thierry Lentz, Napoléon, l’esclavage et les colonies, Fayard, 2006. Sur les décisions de 1802 et leur mise en œuvre.
  • Sudhir Hazareesingh, La Légende de Napoléon, Tallandier, 2005. Comment la légende s’est construite et a vécu au XIXe siècle.
  • Andrew Roberts, Napoleon the Great, Allen Lane, 2014. Une biographie anglaise récente, très favorable au personnage, à lire en connaissant ce parti pris (en anglais).

Pages liées

  • À venir : le coup d’État de Brumaire, le sacre de 1804, Austerlitz, Waterloo, le Code civil, le Blocus continental, Joséphine de Beauharnais, Toussaint Louverture